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L’incroyable ascension du Huayna Potosi en Bolivie (6088m)

Le pays compte 13 sommets de plus de 6000 mètres, et se situe sur la magnifique Cordière des Andes !

Pour aller à l’assaut du Huayna Potosi, direction La Paz. C’est la capitale la plus haute au monde, avec ses 4200m. Si tu n’es pas acclimaté en arrivant, tu te sentiras essoufflé rien qu’en marchant dans les rues !

Non loin de là se trouve notre objectif dont le sommet culmine à 6088 mètres.

C’est le six mille le plus accessible au monde du fait du peu de technique en alpinisme requise. Il n’en est pas moins que l’ascension est très physique !

Le Huayna Potosi t’intéresse ?

Dans cette partie je te donne quelques informations afin d’organiser ton excursion. Tu peux directement passer au chapitre “L’Ascension” pour accèder au récit de l’ascension.

Tu n’as jamais pratiqué l’alpinisme ?

Bien évidemment, une condition physique correcte est demandée ainsi que l’habitude de randonner assez régulièrement. Pour le reste, une bonne dose de mental suffira !

En cas de problèmes de santé particuliers, il serait recommandé de demander l’avis d’un médecin. 

Il est aussi judicieux de jeter un oeil au Mal Aigu des Montagnes.

L’acclimatation

Tout dépend de tes objectifs et de ton planning, mais il est vivement recomandé de prendre le temps de s’acclimater, soit en restant quelques temps à La Paz, soit en ayant fait quelques excursions les jours passés, à des niveaux d’altitudes plus élevés que la moyenne.

Cela déterminera grandement tes chances de réussite d’arriver au sommet.

N’étant pas un professionnel, je te conseil te rendre sur cet article, qui explique les mécanismes de l’acclimatation à l’altitude chez l’Homme.

https://www.trekmag.com/conseil-prevention-comment-bien-acclimater


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Trouver une agence pour le Huayna Potosi ?

Tu ne manqueras pas de trouver de nombreuses agences te donnant accès à plein d’activités, notamment celle du Huayna Potosi.

De nombreuses agences proposent des forfaits 2 et 3 jours:

2 jours :

  • Cette option est plutôt pour les randonneurs aguerris et personnes très bien acclimatées. En effet, le taux d’échecs et d’abandons est plus élevé en 2 jours. Tu marches la première journée jusqu’au deuxième camp de base situé à 5200m. pour y passer la “nuit” et ensuite accéder au sommet. La descente jusqu’au premier camp de base se déroule l’après midi du deuxième jour.

3 jours:

  • C’est le plus recommandable et le plus intéressant à mon goût. D’une, tu passes une nuit supplémentaire en altitude, ce qui te permettra une meilleure acclimatation, et de deux, tu auras accès à une après-midi dédiée au port des équipements d’alpinisme, apprendras à marcher en cordée et même escalader un mur de glaces avec crampons et piolets ! Ce qui est un réel plus si tu comptes par la suite te dédier à la discipline ! Tu passeras une journée au camp de base à 4700m, puis au deuxième à 5200m et enfin le 3e jour jusqu’au sommet !

Je recommande l’agence High Camp Lodge. Les guides sont très sympas, pédagogues et parlent anglais/espagnol. Le prix pour une excurison de trois jours est de l’ordre de 130€ (équipements inclus), ce qui est tout à fait abordable compte tenu du type d’activité. Le matériel fourni est de bonne qualité, attention toutefois à bien choisir tes chaussures d’alpinisme dans leur boutique, si tu te rends compte qu’elles te font mal une fois sur place, tu vas clairement le regretter !

Un sac à dos d’un minimum de 50L est nécessaire, si tu n’en possèdes pas il est toujours possible de le louer à l’agence.

Veille à bien acheter des snacks pour la durée de l’ascension. Les repas sont fournis, mais tu en auras besoin lors de l’effort. Acheter des feuilles de coca est fortement recommandé, j’y reviendrais plus loin.    

L’Ascension

Jour 1 : introduction à l’alpinisme

7h: Départ de l’agence

Je suis un peu anxieux à l’idée de cette aventure, mais l’excitation est plus forte ! Je pars avec un ami rencontré quelques semaines plus tôt sur la route, un français, Corentin.

Nous avons partagé un dortoir en auberge de jeunesse à Sucre. Je lui ai parlé de mon projet de gravir le Huayna Potosi et il a voulu participer à l’aventure. Ce sera mon compagnon de cordée. Nous nous sommes donc donnés rendez-vous à La Paz ! Tout le monde nous demandait si nous étions frères, allez savoir pourquoi…

Rendez-vous devant l’agence à 7h du matin, là bas plusieurs mini-bus nous attendent.

Nous sommes une dizaine, d’âges et de nationalités différentes.

Les guides s’occupent de nos affaires et chargent le matériel d’alpinisme directement sur le toit des bus, le tout, dans le calme.

Nous démarrons, il nous faudra plus d’une heure pour atteindre notre destination.

Nous faisons une pause sur la route, et nous pouvons apercevoir pour la première fois la bête !

huayna_potosi

Peu de temps après, nous nous retrouvons enfin au premier camp de base situé à 4700 m.s.n.m (metros sobre el nivel del mar). Il y fait un temps magnifique. Nous déchargeons les bus et aidons les guides.

12h30 : Initiation à l’alpinisme

Après manger, nous mettons notre équipement d’alpinisme sur le dos pour la première fois afin d’en apprendre les rudiments.

J’ai hâte de pouvoir pratiquer, j’ai déjà fait de l’escalade une fois, peut-être que cela me sera utile ?

Nous nous dirigeons vers un glacier situé à une heure de marche, c’est la-bas que nous allons nous entraîner.

huayna_potosi_glacier

Nous apprenons ce qu’est une cordée, comment se déplacer, comment aborder une pente, comment utiliser son piolet, etc …

glacier_cordee

On arrive à la partie la plus intéressante: escalader un mur de glace de plus de vingt mètres de haut !

mur_de_glace_1
mur_de_glace_2

17h: Retour au camp

Certains d’entre-nous n’ont pas réussi à arriver jusqu’au sommet, en effet c’est très difficile. Je pense que le manque de technique nous à fait défaut.

Nous sommes bien épuisés, et retournons au camp après cette rude après-midi pour dinner.    

Jour 2: camp de base n°2

7h: Un réveil difficile

La nuit a été un peu rude, les maux de têtes et l’altitude rendent le sommeil difficile à trouver.

Je commençais à me poser quelques questions sur mes chances de réussite, nous n’étions qu’à 4700 mètres d’altitude seulement… Que va t’il se passer au delà des 6000 mètres ?

Cette seconde journée s’accompagne d’une marche jusqu’au deuxième camp de base à 5200 mètres. Une vraie promenade de santé et la bonne humeur est au rendez-vous !

photo_groupe_huayna

Le beau temps est avec nous, et nous espérons que ce sera toujours le cas quand nous arriverons au sommet !

C’est une journée calme, et il y a une raison à cela…

photo_groupe_refuge

17h: Au lit

Soudain, les guides nous informent que nous allons bientôt dinner, car nous devons être au lit à 17 heures, dernier carat ! L’ascension se fait de nuit, nous devrons donc nous reposer comme nous pouvons avant le départ nocturne.  

Jour 3: le sommet du Huayna Potosi

23h: Réveil

Je n’ai dormi qu’une heure à peine, de même pour les personnes présentes dans mon dortoir.

Le vent a soufflé toute la “nuit”, on aurait dit qu’une tempête allait arracher le toit du refuge ! Peut-être vont-ils annuler l’expédition ? Pour être honnête je n’étais pas rassuré. M’aventurer dehors en pleine nuit et avec ces conditions, ne connaissant pas ma réaction à la haute altitude n’avait rien de réjouissant !

Un collègue français est tombé malade pendant la nuit. Il avait pris une pilule contre le mal aigu des montagnes, en vain. Un des guides l’a raccompagné jusqu’au premier camp de base.

Tout le monde se prépare, dans le silence. D’autres, malades, sont incapables de se lever et ne participeront pas à l’ascension.

Nous avons le temps de manger un morceau, discuter un peu avec nos partenaires. Personne n’a l’air vraiment rassuré.

Je me suis préparé une infusion aux feuilles de coca dans une bouteille d’un litre. Ces feuilles soulagent les symptômes du mal des montagnes, donnent de l’énergie et coupent la faim. C’est un indispensable, du moins dans ce pays où c’est légal ! Bien mieux que ces médicaments que l’on peut acheter en pharmacie aux effets secondaires imprévisibles.

Note: On trouve des feuilles de coca un peu n’importe où en Bolivie, il n’y a aucun problème à en avoir sur soi. Par contre, faites bien attention quand vous traverserez une frontière. Par exemple, il est interdit de traverser la frontière chilienne avec ces produits, même si c’est légal aussi dans ce pays. Ne vous faites pas avoir !

00h: Départ

C’est la que commence la longue marche de 6h pour arriver jusqu’au sommet du Huayna Potosi.

Nous sommes en cordée de 3 personnes: le guide, mon ami Corentin et moi.

Après plusieurs centaines de mètres, nous chaussons nos crampons.

Les choses sérieuses vont alors commencer.

Il fait nuit noire, nos lampes frontales sont notre seule source de lumière, nous avançons à l’aveugle. Seules les étoiles apparaissent, c’est bon signe pour le sommet, le ciel est dégagé ! La tempête s’est calmé avec notre départ.

Tant que je serais capable d’aligner un pas devant l’autre, et de recommencer, tout ira bien.

Au début les pauses étaient espacées, mais plus nous montons, plus elles sont devenues fréquentes et plus il est difficile de respirer.

Nous maintenons un bon rythme, en effet, nous avons pris de la distance sur les autres groupes à peine visibles sous forme de petits points lumineux au loin.

Je m’attendais à ce que ce soit difficile, mon corps et mon esprit y étaient préparés depuis 3 jours. Je me concentre uniquement sur le fait d’accomplir un pas devant l’autre. Tout simplement.

Le temps passe et je commence à montrer des signes de fatigue. Je ne m’attendais pas à des pentes tant abruptes, j’accompagne chacun de mes pas avec l’impulsion de mon piolet contre la neige.

Malgrès que je ne vois pas ce qui nous entoure à plus de 3 mètres, je sens que notre itinéraire forme des lacets, c’est l’unique manière pour progresser. Prendre la pente de plein fouet serait impossible.

Soudain nous nous arrêtons, le guide nous informe que nous devons passer ce pont de glace d’une largeur d’un mètre cinquante. Seulement, il n’est pas certain de sa solidité compte tenu des “chaleurs” de la veille. C’est une crevasse de plusieurs dizaines de mètres de profondeur !

Nous sommes donc obligés de sauter par dessus ! Avec notre équipements et nos chaussures d’alpinisme aussi rigides et lourdes qu’un gymnaste soviètique ce n’était pas une mince affaire, mais y sommes parvenu tout de même ! Adrénaline assurée !

Après avoir récuperé nos esprits, nous nous remettons à marcher…

5h10

Ca y est ! Nous sommes arrivés au palier des 6000 mètres ! Il nous reste donc seulement 88 mètres de dénivelé positif. Selon le guide, nous arrivons à la partie la plus difficile où la plupart des abandons surviennent !

Le froid m’attaque les mains, la température avoisine les -15°C et voilà 5 heures que nous marchons.

Nous nous arrêtons, mangeons un peu et buvons notre infusion tonifiante. Je ne retire pas mes gants, du moins plus maintenant. J’ai fais l’erreur lors de nos arrêts précédents.

Mes jambes sont lourdes, et il me faut effectuer une profonde respiration pour achever chacun de mes pas.

Nous reprenons la route …

5h40: Le sommet du Huayna Potosi

Dernière ligne droite !

Nous apercevons le jour se lever à peine à l’horizon, le sommet est là et nous sommes les premiers arrivés !

Le spectacle est incroyable ! Nous sommes pris d’une grande euphorie, surement due aux nombreuses heures à crapahuter et au manque d’oxygène !

Mais putain c’est vraiment une immense joie que d’être arrivés jusqu’en haut !

Je serre mon ami dans les bras, nous félicitant d’y être arrivé.

Nous sommes assis, essoufflés, contemplant l’horizon qui se dessine. Le temps semble s’être arrêté. Une vue sublime depuis le sommet de ce géant de 6088m: le Huayna Potosi.

sommet

Il est déconseillé de rester trop longtemps en haut, et je vois arriver d’autres groupes. L’arête sur laquelle nous sommes installés ne peut accueillir trop de personnes, le guide décide de rebrousser chemin afin d’entamer la descente.

Ainsi, nous prenons – du moins essayons – d’immortaliser le moment avec quelques photos supplémentaires.

Bien qu’elles ne soit clairement pas à la hauteur de la réalité, c’est au moins ça.

sommet2
sommet3

J’ai toujours eu comme objectif lors d’une randonnée d’atteindre le sommet, comme de nombreuses personnes. Or, j’ai appris lors de cette expérience que la redescente peut devenir un véritable enfer.

Durant toute la durée de l’ascension je ne pensais qu’au sommet. Je n’étais pas préparé psychologiquement à continuer de marcher pour rejoindre le camp numéro 2. Les muscles de mes jambes étaient douleureux, en plus de devoir être constemment contractés pour appréhender la pente descendante.

Mon conseil: Ne lachez rien avant d’être arrivé en bas !

Mon expérience du Huayna Potosi

Je suis très heureux d’avoir réalisé cette expédition, qui a été l’une des choses les plus difficiles que j’ai pu vivre mais aussi l’une des meilleures !

Si tu es intéressé par l’ascension du Huayna Potosi, je t’appuie à 100%. Les efforts en valent la peine !


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